Le projet
C’est panifier des graines anciennes et rustiques désignées comme étant les Graines de l’en deçà…

L’en deçà ? Qu’est-ce que c’est ?
C’est plonger aux racines même de toute civilisation humaine… en un temps où le monde végétal n’était pas encore domestiqué par l’homme…
Nulle mise en culture des plantes, toute plante n’étant qu’alors dans son état d’origine – naturelle et sauvage – simplement cueillie par l’homme chasseur cueilleur.
Les graines de l’en deçà sont précisément les graines à partir desquelles, voilà quelques 10 000 ans en arrière, l’homme chasseur-cueilleur a quitté ce mode de vie pour imaginer commencer à mettre en culture puis domestiquer certaines plantes sauvages présentes dans son milieu naturel et de nomades.
Cette très lente domestication s’est faite sur une échelle de temps de plusieurs millénaires et a concouru à l’émergence de nouvelles formes d’organisation humaines avec une sédentarisation centrée sur la mise en culture intentionnelle de plantes sauvages peu à peu sélectionnées…
Pour les céréales, certaines légumineuses et graines oléagineuses, le foyer identifié de cette transformation majeure de l’état sauvage d’une plante à celui de domestiqué se situe dans une distribution géographique du Croissant fertile, quelque part entre la Turquie actuelle, la Syrie, la Jordanie…
Selon Nissim Amzallag auteur spécialiste qui a très largement étudié ce sujet, cette métamorphose fascinante revêt encore cependant des zones d’ombre pour les chercheurs de tout poil – archéologues, historiens et biologistes essaient de comprendre et à s’accorder pour comprendre ce qui a été à l’œuvre. Quelles motivations ? Quel imaginaire ? Pourquoi l’homme a désiré maîtriser le vivant… ?
Ce que l’on sait mieux bien mieux avec l’étude des premiers foyers de civilisation basés sur une mise en culture végétales ce sont les plantes sauvages pionnières qui sont à l’origine des premières espèces domestiquées : l’engrain sauvage, l’amidonnier sauvage, l’avoine, l’orge, la lentille, le pois chiche, les pois, le lin constituent notamment cette première cohorte d’espèces naturelles.
Certaines d’entre elles et plus particulièrement l’engrain et l’amidonnier – par hybridations génomiques successives, sont à l’origine même de toute la descendance de nos blés actuels.
Cependant l’originalité fascinante de ces premières espèces de céréales fondamentales mises en culture au Xe millénaire avant notre ère est d’exister encore aujourd’hui dans l’état de leur première domestication sans aucune hybridation génomique ; ce que l’on peut très clairement identifier grâce à l’étude de la singularité de leur génome.
Ces espèces, l’engrain, l’amidonnier, l’orge, les lentilles, le pois chiche, les pois, le lin notamment sont qualifiées de graines de l’en deçà c’est-à-dire celles qui nous viennent en droite lignée de temps immémoriaux avec la certitude de l’authenticité de leur appartenance à un monde primordial naturel.
Ce sont ces graines-mêmes qui inspirent ce projet et en sous-tendent toute la consistance : le désir de transformer artisanalement ces graines qui nous viennent de l’en deçà : céréales, légumineuses ou oléagineuses originales… C’est au travers d’elles que ma gamme de produits se compose essentiellement.